Contrairement à ce qu’affirmait le New York Times, la conversation téléphonique que la femme de chambre du Sofitel a eue avec un détenu, au lendemain du viol présumé, prouve en fait qu’elle n’est pas à la recherche d’argent dans cette affaire, selon l’annonce de son avocat à la presse, à l’issue d’une rencontre de huit heures entre sa cliente et le procureur de Manhattan.
Kenneth Thompson souhaite ainsi revenir sur cette conversation téléphonique qui avait fait vaciller l’accusation et fait naître des doutes quant aux réelles intentions de la jeune femme de 32 ans.
Rappelons que le New York Times avait révélé début juillet que, lors de cette conversation avec un ami emprisonné en Arizona pour une affaire de drogue, Nafissatou Diallo aurait affirmé, en parlant de DSK: « Ce type a beaucoup d’argent, je sais ce que je fais. ».
D’après le journal, les enquêteurs ont mis plusieurs semaines avant de réussir à traduire cette échange téléphonique en peule, l’ethnie d’origine de la Guinéenne de 32 ans. D’autres médias avaient d’ailleurs indiqué que la traduction de ces propos, difficile, n’était pas limpide et soulevait des questions.
L’avocat explique donc: « Certaines choses ont été mélangées dans cette citation qui a été donnée au New York Times. Nous avons écouté cet enregistrement et il montre que la victime n’a jamais prononcé ces mots. Elle a dit à cette personne que ‘quelqu’un a essayé de me violer et c’est quelqu’un qui a du pouvoir, un homme important’. »
De son côté, Nafissatou Diallo a assuré dans Good Morning America, ce mardi, qu’elle n’avait jamais prononcé les mots qui lui sont prêtés par le quotidien new-yorkais. Cette dernière affirme avoir déclaré « Je sais ce que je fais » au téléphone, mais il s’agissait, selon elle, du moment où elle évoquait le fait d’avoir recours à un avocat.
Le bureau du procureur a quant à lui informé dans un communiqué que « l’enquête était toujours en cours ». « Nous n’avons aucun commentaire à faire sur des preuves ou sur de quelconques rencontres entre les procureurs, des témoins, des avocats de la défense ou des avocats au civil », a-t-il précisé.
La femme de chambre fera une déclaration publique jeudi à New York pour remercier ceux qui la soutiennent depuis le début de l’affaire, a annoncé mercredi une organisation communautaire africaine de New York.
Dominique Strauss-Kahn est toujours sous le coup des sept chefs d’accusation parmi lesquels celui de tentative de viol, d’agression sexuelle et de séquestration. Il est toujours privé de son passeport et est donc interdit de quitter le territoire américain.


