Le document publié jeudi par le bureau du procureur, et dont une copie a été adressée aux avocats de M. Strauss-Kahn, révèle certaines conversations que DSK a eues – avec la police.
- 15H29, samedi 14 mai
Le compte-rendu débute avec le coup de téléphone de DSK à 15H29 locales (19H29 GMT) à l’hôtel Sofitel de Manhattan:
« Les objets trouvés », annonce un employé.
« Bonjour, c’est Dominique Strauss-Kahn, j’ai logé chez vous. J’ai oublié un téléphone », dit-il.
« Quelle chambre? », demande l’employé.
« 2806″, répond M. Strauss-Kahn, et l’employé d’expliquer qu’il aura besoin de « 40 minutes » pour se rendre à l’aéroport « en taxi » et lui apporter le téléphone. A ce moment, DSK est dans un avion, prêt à décoller pour Paris.
Le compte-rendu contient également les dialogues entre M. Strauss-Kahn et la police, au moment de son arrestation à l’aéroport JFK, dans le véhicule qui l’emmène en ville puis dans le commissariat de Harlem.
- 16H40
L’agent Diwan Maharaj interpelle DSK à bord de l’avion:
« M. Dominique Strauss-Kahn? », demande le policier.
« Oui », dit DSK.
« Puis-je voir votre passeport? Nous souhaiterions que vous nous suiviez », indique l’agent Maharaj.
« Pourquoi? », interroge M. Strauss-Kahn.
« Ca n’est ni le moment, ni l’endroit pour en parler. Avez-vous des bagages à bord? », lui demande le policier.
- 16H45
Dans l’enceinte de l’aéroport, le sergent Raymond DiLena se présente à Dominique Strauss-Kahn.
« Que se passe-t-il? », demande l’ancien ministre français.
« La police de New York souhaite vous interroger au sujet d’un incident qui s’est produit en ville dans un hôtel », lui indique le fonctionnaire.
A ce moment-là, selon le compte-rendu, Dominique Strauss-Kahn n’aurait rien répondu.
- 17H00
Une fois dans le poste de police de l’aéroport, l’officier Maharaj demande à DSK de « vider (ses) poches et de placer leur contenu sur la table ».
« Vous voulez de l’eau? », demande l’agent Terry Ng.
« Non, mais je voudrais aller aux toilettes », répond DSK.
« Asseyez-vous s’il vous plaît », obtient-il comme réponse de l’agent Maharaj.
Dominique Strauss-Kahn demande alors si les menottes qu’ont lui a passées »sont nécessaires ».
« Oui, elles le sont », lui dit M. Maharaj.
« J’ai l’immunité diplomatique », lance DSK.
« Où est votre passeport? », lui demande le policier.
Les documents le prouvant « ne sont pas dans ce passeport. J’ai un second passeport », répond M. Strauss-Kahn.
En route ensuite vers le commissariat spécialisé dans les crimes à caractère sexuel à Harlem, Dominique Strauss-Kahn dit qu’il doit téléphoner pour avertir qu’il ne sera pas présent à une réunion le lendemain. Le patron du FMI était attendu en Europe pour s’entretenir notamment avec la chancelière allemande Angela Merkel et discuter de l’aide à la Grèce.
- 17H15
La retranscription se poursuit « sur la route, entre l’aéroport et le commissariat ».
« Que cela signifie-t-il? », demande Dominique Strauss-Kahn.
« Les enquêteurs de Manhattan veulent vous parler au sujet d’un incident dans une chambre d’hôtel », répond l’agent John Mongiello.
« Alors il va falloir que je passe un coup de fil pour leur dire que je ne serai pas à la réunion demain. Ces menottes sont serrées », dit DSK.
La dernière partie du compte-rendu relate les conversations entre les enquêteurs et M. Strauss-Kahn à l’intérieur du commissariat.
- 21H00
DSK dit à l’agent Miguel Rivera qu’il « doit appeler (son) avocat Bill Taylor ». « J’ai besoin de mon téléphone ». »Il va falloir attendre que les enquêteurs reviennent, je n’ai pas accès à votre téléphone », lui répond l’agent.
« Ai-je besoin d’un avocat? », lui demande M. Strauss-Kahn.
« Dans ce pays, vous y avez le droit si vous le voulez, j’ignore si vous avez un quelconque statut diplomatique », lui rétorque le policier.
« Non, non, non, je n’essaye pas d’utiliser cela, je veux seulement savoir si j’ai besoin d’un avocat », se défend Dominique Strauss-Kahn. Réponse du policier: « à vous de décider ».
- 9H00, dimanche 15 mai
Le même policier demande à M. Strauss-Kahn s’il souhaite manger quelque chose pour le petit-déjeuner. « Je voudrais des oeufs », répond DSK.
- 21H20 (peu avant sa sortie du commissariat)
Steven Lane demande à M. Strauss-Kahn s’il a faim. « Je voudrais un sandwich », indique DSK.
http://www.peopleinside.fr/conversation-de-dsk-avec-la-police/news/17067



