Débat autour de la question « Le parfum a-t-il tendance à plus se globaliser ou au contraire marque-t-il aujourd’hui plus son individualité ? «
Est-ce que, à l’image de la mode, les tendances parfum s’internationalisent, ou bien les préférences nationales ressurgissent-elles ?…
Les réponses à ces questions ont été depuis un bon moment décidées. Le marché du parfum, surtout celui du parfum femme, s’est considérablement transformé. Entre 1999 et 2003 on a assisté à une évolution qui caractérise aujourd’hui le marché international du parfum.
En 1999, on pouvait encore prétendre qu’il existait des préférences en parfum, des tendances internationales bien déterminées. Sur chaque pays, nous avions de quatre à cinq parfums qui se disputaient les parts de marché pour se ranger dans au top des ventes. D’un marché à l’autre, les tendances se ressemblaient, plus ou moins, mais toujours cette continuité. Puis entre 1999 et 2003, c’est l’individualité en parfum qui prit le pas. Depuis 2003, il y a en règle générale un à deux parfums qui se classent dans les ventes globales des marchés, et en même temps de plus en plus de tendances spécifiques selon les nations apparaissent. Si l’on prend l’exemple de la France, des USA et de l’Allemagne, les préférences nationales sont très distinctes et les tendances totalement typiques du pays.
En Allemagne, le marché du parfum pour femme regroupe les senteurs fruités-romantiques-fantaisistes, la famille des fruités y est très assise et occupe presque 50% des parts de marché. La note fruitée est très souvent combinée de 2 façons :
1- Façon floriental (accents fruités-romantiques)
2- Façon fruité-fantastique (accents riches, pleins)
En vue de Noël 2012 et de la tendance pour 2013, ce sont les notes florales revisitées, plus irisées, plus vibrantes, qui sont annoncées (notion de « fire flowers »), mixées aux fruits exotiques (« Jamaican Custard Apple »). Ce seront les nouveaux « fleuris-fruités », des notes légères et gourmandes (notes de tête et de cœur florales), des parfums à porter plus de jour. En symbiose, ces accords affichent une palette de blanc et de jaune, vert-turquoise et rose. Les fragrances nous transportent sur une terrasse bordée de fleurs, balayée par un vent du sud, avec vue sur un océan turquoise, la senteur sucrée obssedante de desserts tropicaux dans les narines.
En France, on note la dominance de 3 familles olfactives: orientale, florientale et floral-aldéhyde. Cependant, on assiste à l’ascension d’une 4ème famille ces dernières années : les notes chyprées, que l’on retrouve de plus en plus fréquemment croisées côté tendances : mariées à la famille orientale, les notes chyprées peuvent tout à fait s’accorder aux florientales, ce qui va être le cas pour Noël 2012. La tendance excitante pour 2013 sera l’alliance entre les notes chyprées et les notes plus froides, métalliques. La famille des chyprées a toutes les dispositions pour ce mariage très « technique ».
Sur le marché américain, on assiste à une préférence bipolaire, les notes florales se divisant en 2 entités : d’un côté, les notes fleuries vertes-fraîches, de l’autre, les notes fleuries chaudes-sensuelles.
On constate sur le terrain une relation entre la tendance parfum et le climat politique: lorsque l’on est du côté démocrate, ce sont les notes fleuries chaudes-sensuelles qui l’emportent. Les Républicains affectionneront plutôt les fleuries vertes-fraîches.
Une fois encore, c’est le psychologique qui va modifier l’offre parfum. Selon les évènements, on recherche les senteurs qui rassurent, et qui pourront nous emporter vers un idéal de vie. Les élections américaines de novembre dénoueront donc de quels accords fleuris, les verts-frais ou les chauds-sensuels, seront préférés. Pendant la période de Noël, ce sont les accords fleuris-sensuels-chauds qui l’emportent traditionnellement. Restent aux maisons de parfum de réinventer l’accord, comme c’est par exemple le cas déjà avec le fleuri vert-frais, où la parfumerie s’amuse avec la botanique : feuilles de tomate, rhubarbe anglaise ou poivron vert, associés avec des sucreries tel le caramel salé… les surprises olfactives sont au rendez-vous !
Sur l’accord fleuri sensuel-chaud, la tendance survient de ses profondeurs. La nouvelle sensualité (ex : « pluot », « plumcots », un mélange de prune et d’abricot) pourrait être apportée grâce à l’ambre noire, pour un rendu fruité-velouté-violet-vaporeux et dont l’aura sera tout à fait exceptionnel.





