Lors d’un entretien accordé à L’Union de Reims dans le cadre de la sortie du film « Quelques heures de printemps », dans lequel il incarne un homme apprenant que sa mère est condamnée par la maladie, Vincent Lindon fait un bilan sur sa carrière et avoue souhaiter y mettre un terme dans peu de temps.
« Je fais du mal à mon cercle privé car je ne suis pas assez là. J’ai donné tellement de choses au public qu’il ne reste plus grand-chose pour mon entourage. Je suis au bout du rouleau », confie-t-il avant d’annoncer: « Je vais arrêter ce métier dans pas très longtemps [...] Je le fais depuis trente ans en donnant de moi des choses dont vous n’avez même pas idée tellement cela me fait mal », explique-t-il.
Et de poursuivre: « C’est un plaisir et une souffrance. J’y mets des milliards de choses. Je n’ai ni envie de faire une série sur TF1 ni de finir comme un vieil acteur qui se met de la poudre noire sur la tête. Je n’ai pas envie de mourir en n’ayant fait qu’un métier. Je me donne encore dix à douze films avec de beaux auteurs comme Claire Denis, Abdel Kechiche ou Xavier Giannoli. »
« Mais c’est devenu pour moi trop de souffrance. J’ai trop mal. La douleur est devenue quasi égale au plaisir de jouer. Le jour où cela va trop attaquer ma vie privée, où je ne vais pas arriver à dormir, je m’en irai ».
L’acteur avoue désirer n’être que « le vrai Vincent »: « C’est le barbecue, le concombre, boire des coups. Voilà ma vraie nature. J’aime être dans la vie. Je suis vivant » assure-t-il.
Enfin, Vincent Lindon revient sur sa carrière: « Je suis l’acteur qui tourne le moins en France. J’ai fait quarante-six films en vingt-six ans. Je ne citerai pas de noms mais c’est la moitié de certains en dix ans. Je reçois beaucoup de scénarios et je tourne les films qui me plaisent » explique le comédien, que l’on pourra voir prochainement dans « Mea Culpa » aux côtés de Gilles Lellouche, dans « Les Salauds » et dans « Augustine », tous deux aux côtés de Chiara Mastroianni.



